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# Posté le mardi 18 novembre 2008 18:52

Modifié le dimanche 30 novembre 2008 12:28

Toi, moi, mes fesses et mes angoisses - Eux, avant la suite

EUX, AVANT LA SUITE


La première fois que j'ai vu Pedro, j'ai cru qu'il était homo. Notre tête est remplie de clichés qui nous font dire et penser n'importe quoi. Il avait cette façon de marcher très particulière, très féminine, son déhanchement attirait l'½il et sa douce voix nous faisait tendre l'oreille. Il venait tout droit de Madrid, avait le teint mat et les cheveux très bruns. Nombreuses étaient celles qui voulaient passer la nuit avec lui, rares étaient celles qui y parvenaient. Il ne se montrait jamais en public avec l'une de ses conquêtes, il était aussi discret que possible, tant et si bien que beaucoup pouvaient prétendre l'avoir eu pour une nuit... Il travaillait en tant que serveur dans le petit café « Au coin de la rue » dans lequel j'aimais me rendre avec mes amies, Isabelle, Margaux et Ambre. Nous passions toutes les quatre de longues heures à parler de notre vie qui n'était que déception, défaite rimait avec échec et soupir rimait avec plaisir. Nous en faisions trop, nous le savions, mais nous étions toutes trois persuadées que le meilleur était ailleurs.

Ambre vivait dans le quartier, seule, ou avec son chat, selon qu'elle s'adresse à un homme ou bien à nous. Cette boule de poil lui menait la vie impossible et Ambre se chargeait de nous la refiler quand elle avait de la compagnie. Sacha, de son prénom, n'acceptait de manger que des boîtes hors de prix et refusait que quiconque la touche hormis Ambre et moi même. Sa maîtresse, ma foi très patiente, l'adorait et la chérissait comme « la fille qu'elle n'a pas eue » disait-elle. Ambre travaillait dans un journal féminin, à la rubrique mode. C'est elle qui était responsable du choix des photos destinées à accompagner un article. Elle devait donc savoir quelle serait la prochaine mode, ce qu'il fallait porter ou non et surtout, quels sont les vêtements qui vous maigrissent et ceux qui vous font ressembler à votre concierge. Elle avait enchaîné les relations d'un soir après avoir été larguée par « l'homme de sa vie », un américain qui l'avait demandée en mariage et lui promettait de lui faire une bonne dizaine d'enfants. Elle le trimbalait partout et s'amusait de son accent. Elle le corrigeait lorsqu'il disait un « le » pour « la », il lui souriait poliment tout en regardant d'un air distant les hommes qui passaient un peu trop près d'elle. Leurs nuits étaient agitées disait elle, jamais elle n'avait rencontré pareil amant. Mais, après avoir recroisé « par hasard » sa première blonde, il était retourné en Amérique avec elle, laissant notre pauvre Ambre seule et désespérée. Des mois durant nous avons tenté de la consoler, vainement. C'est d'elle même qu'elle est revenue à la raison, nous remerciant tout de même de lui avoir tendu notre épaule et nos mouchoirs. Il est vrai qu'à 27 ans il est dommage de se laisser aller non? Depuis quelques semaines, Ambre flirtaient avec un petit parisien tout droit sorti de l'école, un peu jeune, son « goûter » comme elle aimait l'appeler.

Isa venait de fêter ses trente ans, elle se sentait vieille, surtout par rapport à Margaux qui venait, elle, de fêter ses vingt quatre. Isa était mariée depuis trois ans, la solution pour sauver son couple après une fausse couche et une tromperie par ci par là... Eric, son mari, l'avait convaincue de bosser en tant que secrétaire dans un cabinet médical, dans SON cabinet médical. Monsieur était un petit médecin de quartier qui commençait à se faire un nom dans le métier, il soignait les angines comme personne et explorait à merveille la petite fleur des jeunes demoiselles. Aveuglée, Isa ne s'étonnait pas de voir revenir les mêmes petites minettes deux fois par semaines pour des douleurs aux bas du ventre ou des migraines qui les empêchaient de se concentrer en cours... Il faut dire que Madame, derrière son bureau, arborait des décolletés plongeant ou encore des robes légères dévoilant de longues jambes parfaitement épilées. Elle se laissait gentiment séduire par les jeunes pères de famille qui ne savaient pas vraiment la différence entre un pédiatre et un podologue. Une fois, une fois seulement, elle avait laissé passer quelqu'un derrière le bureau et c'était envoyée en l'air avec lui, un bon quart d'heure se ventait elle. Jamais elle n'en n'avait parlé à Eric, et jamais elle n'oserait nous avait elle dit. Pourtant, un peu d'honnêteté dans leur couple leur aurait fait le plus grand bien.

Margaux, la plus jeune de nous quatre, et pourtant la plus dévergondée, venait de terminer ses études de droit et cherchait du travail en tant qu'avocate. Mais, entre ses soirées et ses amours, elle ne trouvait pas forcément le temps de réellement se consacrer à cette futilité qu'est le boulot. Il faut dire qu'elle est allée à bonne école dans ce domaine, sa mère n'avait jamais vraiment travaillé et son père tenait son argent d'un héritage familial. Une grand tante ou quelque chose dans le genre... Quoi qu'il en soit, mademoiselle n'était pas pressée de gagner sa vie toute seule comme une grande. Elle papillonnait... Très naturelle, elle ne passait qu'une petite demie heure dans la salle de bain le matin, bon parfois trois quart d'heure, mais jamais plus. Elle faisait partie de celles qui avaient tenté de séduire Pedro, il paraîtrait d'ailleurs qu'elle ait réussi, mais nous n'en n'avons jamais été sûres... Certains jours il laissait entendre que oui, il l'avait faite monter au septième ciel, d'autres fois il faisait mine de ne pas la connaître...

Un soir de pluie et de froid (et oui même aux pays des jeunes filles superficielles il pleut et il fait froid), j'avais appelé Pedro et lui avais demandé de venir me chercher à mon travail, ma voiture étant en panne. Il était trois heures du matin, j'avais terminé tard ce soir là. Je travaillais dans un café pub pour ados puceaux se trémoussant derrière des minettes en mini jupe. Mais je n'avais cette activité que le soir, à partir de vingt deux heures, la journée je travaillais à mi temps dans un magasin de chaussures pour hommes. Je rencontrais tous types d'hommes, des plus aisés aux plus modestes, des plus charmants aux plus repoussants. Ma patronne, Amanda, me parlait comme à une petite fille, très gentiment lorsque nous étions toutes les deux, avec beaucoup plus de distance lorsque nous avions des clients. Mais elle était arrangeante et avait rapidement accepté que je lui impose parfois mes horaires de travail, même s'il lui arrivait de m'envoyer des petites réflexions quant à ma façon de m'habiller et de me tenir. J'étais, comme elle disait, un peu trop « adolescente » et avais besoin de grandir. Après mes demi-journées au magasin, je m'accordais du temps pour moi avant de repartir travailler au pub. Et un soir, ma voiture n'avait pas voulu démarrer. Je n'étais pas du genre bricoleur à trois heures sous la pluie, j'avais alors passé un coup de téléphone. Pedro avait rit et m'avait dit qu'il arrivait dans une minute. C'était une image, bien entendu, car une demi-heure après il arrivait seulement. Il m'avait dit qu'il s'occuperait de ma voiture plus tard si je n'y voyais pas d'inconvénients. J'étais alors montée dans sa voiture et il m'avait ramenée chez moi. C'était un bon coup, un bon amant d'un soir, mais jamais je n'aurais souhaité avoir une tout autre relation avec lui. Le lendemain alors que j'essayais de le réveiller, il faisait mine de dormir à points fermés, m'obligeant à m'occuper de ma voiture seule. J'avais alors passé quelques coups de fils, refusant de payer un garagiste hors de prix. Je m'étais finalement débrouillée par mes propres moyens.

# Posté le mardi 18 novembre 2008 18:57

Toi, moi, mes fesses et mes angoisses - 24 bougies au caramel

24 BOUGIES AU CARAMEL


Ce matin là, Ambre est arrivée en courant à moitié, le sourire jusqu'aux oreilles, nous tendant le dernier magasine pour lequel elle avait travaillé. Elle avait sélectionné une dizaine de photos et avait argumenté des heures durant afin de convaincre ses supérieurs de prendre ces clichés et pas d'autres. Elle était fière de nous montrer son côté convaincant et avait reproduit en imitation la situation qu'elle avait vécu avec son boss. Margaux nous avait quittées en coup de vent après nous avoir embrassées une à une.
« N'oubliez pas de venir demain soir pour mes 24 ans. Ce sera juste entre nous, sushi et séries à la con ok? »
Pour ses 23 ans, Margaux avait fait une fête avec une vingtaine de personnes dans une petite salle des fêtes qu'elle avait louée pour l'occasion. La soirée avait viré au cauchemar, la plupart des gens avaient finis complètements saouls, les autres en partouze dans les toilettes. Cette année elle voulait quelque chose de plus intime, entre nous quatre. Margaux virait bobo et commandait souvent des plats tout prêt, plus pratique, plus sain, plus écolo disait elle. Je ne comprenais pas vraiment le rapport entre tout ça, mais j'aimais les sushis. Isabelle et ses trente ans faisaient la gueule, elle se sentait vieillir.

« Je noie mon chagrin dans le café... dit elle.
-Ton chagrin? Ou ta crise de la trentaine? Répondit Ambre.
-Sa crise... Rajoutai-je.
-Ma crise sûrement... Quoi qu'il en soit vous ne pouvez pas comprendre. Surtout toi du haut de tes 25 ans... »

Il est vrai que je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Axelle et j'ai 25 ans.

« Tu verras quand tu auras trente ans et que ton mec ne te fera plus l'amour qu'une fois par semaine, le samedi soir, tu te diras que tu es vieille. Et moche »

Isa adorait se plaindre et nous écouter la rassurer quant à sa beauté et son grain de peau impeccable. Ambre se lassait vite et prétextait un rendez vous important afin de se défiler, j'étais plus patiente et faisais preuve de savoir vivre... En réalité je scrutais la foule faisant mine d'écouter, et quand sa petite voix aigue ne se faisait plus entendre, je me reconcentrais sur elle et lui disais d'un ton rassurant « Tu es l'une des plus belle femme que je connaisse, je suis sûre que dans dix ans tu feras autant tourner les têtes sur ton passage ». Ca marchait. Mais ce jour là, sa déprime passagère me semblait bien plus profonde, elle ne parlait quasiment pas. Ambre avait déjà réussi à lâchement m'abandonner, j'étais donc seule face aux lamentations d'Isa.

« Il y a quelque chose dont tu veux me parler Isa?
-Pas vraiment... En fait...
-En fait?
-Je crois qu'Eric me trompe.
-Comment ça?
-Il passe beaucoup de temps en consultations. Disons que ses consultations sont plus longues. Je commence à avoir des doutes. »

A ce moment précis, deux réponses possibles s'ouvrent à moi. Soit je lui dis que son mec est un salaud qui se tape toutes les nanas pré pubères à la recherche de sensations fortes, soit je lui dis :

« Mais non ma grande -en prenant ma main dans la sienne- tu te fais des films... Où en est votre projet de bébé?
- Justement, parlons-en! Il m'a dit qu'il ne savait plus s'il était prêt. Du coup, je ne sais plus si je suis prête ou non. Il a réussi à me mettre le doute! »

Il est très fort cet Eric. Isa est prête depuis qu'elle a treize ans. Quatorze, faisons large. Elle est repartie à raconter sa vie de misère, je n'arrive plus à l'écouter. Pedro fait des allers et retours dans la salle, apportant ses cafés, portant ses plateaux, un groupe de jeunes joue aux cartes, et un beau mec me fait de l'½il... Très beau même. Il est brun avec de grands yeux noirs, les cheveux en bataille et la barbe mal rasée. Il boit un café et fume une cigarette. Quand il tire une latte il ferme son ½il droit, quand il aspire la fumée il gonfle les joues, et quand il la recrache il lève légèrement la tête. Il me sourit. Je détourne le regard. Isabelle continue de parler, ou plutôt de se plaindre, je sors une clope et tente de l'allumer.

« Isa t'aurais pas du feu? »

Non, elle ne fume pas, suis-je bête. Il me regarde, mon briquet m'a lâchée. Il souri et se lève, merde, mon briquet ne marche toujours pas. Il me le prend des mains et allume ma clope. J'en reste bouche bée et tente un « merci ». Il pose sur moi un regard qui doit vouloir dire « de rien allons nous installer à une table voisine ». Je lui réponds de mon ½il un « ok, j'arrive, et soit dit en passant, j'habite à telle adresse... ». Mais en réalité, il se contente de me dire « de rien, bonne journée », avec un sourire prétentieux, voire même vulgaire.

« Tu le connais? Me demande Isa.
-Absolument pas. Pourquoi?
-Tu mens mal ma grande. -Elle sourit- Très mal. -Elle boit son café- C'est qui?
-Je ne sais pas qui c'est arrête avec ça!
-Tu as couché avec c'est ça?
-Mais non arrête. Et il faut que je file Isa, j'ai deux trois courses à faire. On se voit demain chez Margaux. »

En réalité je n'ai pas mieux à faire que de boire un verre avec ma meilleure amie, mais mon beau brun ténébreux champion d'allumage de clopes vient d'entrer dans le magasin dans lequel je travaille. Je sors en vitesse du café et me précipite au magasin, manquant de me faire écraser une fois. Ou deux.

« Axelle? Tu ne commences pas à 14 heures? Me demande Amanda
-Ah non, pas aujourd'hui. Vous avez oublié?
-Peu importe, ça m'arrange même, je ne vais pas tarder à filer. Occupe toi donc de ce jeune homme. »

Il est là, juste en face de moi, regardant des paires de chaussures immondes, faisant mine de ne pas m'avoir vue. Amanda retourne derrière le comptoir, lunettes sur le nez, calculette en main. Je me sens timide et gênée, je ne sais pas vraiment pourquoi.

« Vous cherchez quelque chose de particuliers?
-Pas spécialement. Je suis juste d'humeur à acheter des nouvelles chaussures. Et je pense qu'une jolie fille comme toi pourrait me vendre n'importe quoi... non?
-Euh... Vous... Quel genre de chaussures vous portez en général?
-Ca dépend. -Il passe son doigt sur ma joue et relève légèrement mon visage- Une bonne vendeuse regarde les clients en face non?
-Sûrement. Je ne suis donc pas une bonne vendeuse c'est ça?
-Peu importe... Alors, ces chaussures?
-Je vais vous laisser faire un tour et on se retrouve à la caisse ça marche?
-Ca marche, Axelle. »

Sa beauté n'a d'égal que son culot. Il fait son petit tour dans le magasin, j'en profite pour aller en réserve afin de poser mon manteau et mon sac. A mon retour, il est déjà parti...

La soirée sushis de Margaux se déroule comme prévu, champagne et fous rires à volonté. Isa nous confie qu'elle a réussi à parler avec Eric et que leur projet de bébé est à nouveau d'actualité. Ambre est toujours aussi accro à son petit goûter, elle jouit et s'en contente. Notre bobo quant à elle, avait parsemé son deux pièces de bougies de toutes les couleurs, un mélange d'odeur embaumait la pièce, le caramel et les fruits rouges ne se marient pas vraiment... Après nos racontages de vie, Ambre s'éclipse, puis c'est au tour d'Isa. Margaux et moi restons toutes les deux.

«Quel connard cet Eric!
-Tu m'étonnes. Pourquoi elle s'accroche comme ça à lui?
-Attends ils sont mariés quand même!
-Et alors parce qu'on est mariés on peut baiser toutes les nanas qu'on rencontre?
-Non. Mais ils tiennent l'un à l'autre, sinon ils n'en seraient pas là. Non?
-Arrête. Ca s'appelle de l'habitude. Et de la routine.
-T'es pathétique Axelle. Rencontre quelqu'un, on en reparle dans cinq ans.
-Mais qu'est-ce que tu en sais toi? Tu peux prétendre avoir été amoureuse une fois dans ta vie?
-Et toi? Toi qui donne des leçons à tout le monde, depuis quand tu n'es pas sortie avec un mec?
-Qu'est-ce tu insinues?
-Tu as peur Axelle. Tu critiques la vie des autres parce que tu as peur de l'engagement.
-Je n'ai pas peur. Mais je n'ai pas envie de tomber sur ce genre de mec qui te prend tout et te laisse à poil sur le bord de la rue en pleurant.
-Tous les mecs ne sont pas pareils.
-Ok. Alors parle-moi d'une fille qui file le parfait amour avec son mec?
-Euh... Clara. Clara est avec son mec depuis deux ans. Et ils s'installent bientôt ensemble.
-Clara? Ta cousine Clara? Ils sont encore à l'école, dès qu'ils vont entrer dans la vie active ça ca clasher, c'est sur.
-C'est pitoyable. Aller file avant qu'on s'engueule, ça vaudra mieux. »

Je suis partie sans mot dire, ma moue de petite fille coléreuse avait envahit mon visage. J'avais envie de sortir, ma soirée n'était pas terminée... Je suis allée travailler, laissant l'excitation envahir les jeunes hommes lorsqu'ils commandaient une vodka ou tout autre alcool dit « fort ». A la fermeture, j'étais une des dernières encore debout, j'étais encore en forme, mais ma voiture beaucoup moins. Après avoir tenté de la démarrer une bonne dizaine de fois, soulevé la capot (et oui il faut bien faire semblant de chercher d'où vient le problème), et donné quelques coups de pied dans la portière, j'ai pris mon téléphone. J'ai attendu Pedro un bon moment, la nuit fut courte et le réveil difficile. Je me suis rapidement habillée, sans avoir pris la peine de me doucher, je voulais au plus vite m'occuper de ma voiture. Sans grande surprise, Pedro est resté couché et n'a pas daigné m'accompagner. J'étais donc contrainte de me rendre à pieds à l'autre bout de la ville, sous la pluie, les cheveux sales et les chaussures usées. Après quelques minutes de marche, une voiture s'arrête près de moi et la porte s'ouvre.

« Je peux te déposer quelque part? »

Je me retourne, c'est ce gentil gougeât qui m'a ouvertement draguée sous les yeux de ma patronne.

« Aller monte, je ne vais pas te laisser sous la pluie si? »
Je suis montée, il m'a sourit.
« Tu vas où comme ça, un dimanche matin, par ce temps?
-Ma voiture m'a lâchée hier soir, je vais voir ce que je peux faire...
-Avec tes petites mains? »

Oui avec mes petites mains qu'est-ce que tu crois? Une fois sur place, il est sorti de sa voiture et est venu m'ouvrir la porte. Il a ensuite allumé une cigarette et m'en a proposée une.

« Alors c'est ça ta voiture qui te fait des misères?
-C'est ça oui. »

J'étais frigorifiée, il était à l'aise. Clope au bout des lèvres, il a soulevé le capot et à commencé à regarder le moteur. Il me parlait sans que je comprenne vraiment, il avait l'air sûr de lui et m'a proposé de me ramener chez moi alors qu'il allait s'occuper du dit problème.

« Tu t'y connais en voitures?
-Plus ou moins. Mais y'a rien de grave... Tu veux aller boire un verre? Je t'invite. »

Nous sommes allés dans un café complètement vide, nous étions les seuls clients.

« Parle-moi de toi Axelle.
-Que je te parle de moi? Qu'est-ce que tu veux savoir? Je ne suis pas du genre à étaler ma vie sans intérêt pour me faire plaindre.
-C'est pourtant ce que tu fais là non?
-Comment ça?
-Tu me dis que tu as une vie sans intérêt, c'est bien pour que je t'en demande plus non? »

Il me fixait du regard, sûr de lui et a à nouveau allumé une cigarette.

« Ca fait longtemps que tu travailles dans ton magasin de pompes?
-Ca fait trop longtemps...
-Qu'est-ce que tu fous là bas alors?
-J'ai un appart à payer. Et entre nous, je n'ai pas une passion qui me motive. Et toi tu fais quoi?
-Informatique. C'est intéressant. Et ça paie. Je vais devoir partir. Je te ramène chez toi?
-Je vais rentrer à pieds, merci. »

Je me suis levée et lui ai pris une clope. Il me l'a allumée et s'est levé à son tour.

« Je te revois quand?
-J'en sais rien.
-T'as envie de me revoir?
-J'en sais rien.
-Moi j'ai envie... Axelle... »

Il m'a caressé la joue et s'est approché de mon visage.

« J'ai même très envie...
-Je ne sais même pas comment tu t'appelles.
- Dis-moi quand je peux te revoir, je te dis comment je m'appelle ça marche?
-Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de savoir comment tu t'appelles...
-C'est toi qui voit. Rentre bien. »

Il est allé au comptoir, je suis sortie du bar et rentrée chez moi.

Quand je suis arrivée dans mon appart, Pedro était parti et m'avait laissé un petit mot : « Si ta voiture retombe en panne, fais moi signe. » J'ai filé sous la douche et ai passé le reste de l'après midi devant la télé. Le lendemain matin je travaillais à neuf heures, j'étais crevée, je me suis couchée tôt.

# Posté le jeudi 20 novembre 2008 03:55

Toi, moi, mes fesses et mes angoisses - Réserve et joues rouges

RESERVE ET JOUES ROUGES


Ce mauvais temps installe la mauvaise humeur dans mon esprit. J'ai oublié les clefs de la boutique, Amanda n'est pas encore là, il va encore falloir que je passe par le vasistas. Il m'arrive souvent d'oublier les clefs du magasin, dans ces cas là, je dois faire le tour afin d'entrer par la petite fenêtre qui mène à la réserve. Nous sommes en novembre, il fait froid et sombre, il faut pourtant que je trouve le moyen de monter sur une poubelle pour être assez grande. J'arrive tant bien que mal à me faufiler, je tombe entre deux boîtes de chaussures dans l'obscurité de la pièce. J'ai horreur d'être dans le noir, cherchant à tâtons l'interrupteur. Alors que je m'avance dans la pénombre, j'entends un bruit tout prêt de moi.

« Amanda? C'est vous Amanda? »

Une présence s'approche de moi, je ne me sens alors pas du tout rassurée. Un psychopathe? Un malade sexuel?

« Amanda si c'est vous dites le mmmm... »

Derrière moi quelqu'un a mis sa main sur ma bouche pour m'empêcher de parler. Cette personne me retourne d'un geste brutal. Il fait sombre, je n'y vois rien. J'essaie alors de m'éloigner, mais je suis maintenue fermement.

« Je t'avais dit que j'avais envie de te revoir...
-Qu'est-ce que tu fais là? Comment tu es entré?
-Exactement comme toi... »

Il s'est approché de moi pour m'embrasser, me maintenant fermement contre lui. Je ne sais pas si j'ai essayé de me débattre ou non, je sais juste que je lui ai murmuré un « arrête! », mais sans conviction. Tout en me gardant contre lui, il m'a poussée contre le mur. A ce moment là, je commence à prendre peur, d'autant plus qu'il se colle contre moi, m'agrippe les mains et les maintient le long de mon corps. Malgré le noir envahissant de la pièce, je parviens à distinguer ses yeux, ils sont doux et à la fois très violents.

« Tu me plais Axelle... Même bien plus que ça. »

Il s'est approché pour m'embrasser, je l'ai repoussé, il a insisté, ne me laissant pas vraiment le choix. Il a
passé sa main sous mon pull, dégrafant mon soutien gorge, tout en m'embrassant. J'étais maintenue contre le mur, incapable de bouger, lui était à la fois tendre et brutal, comme s'il ne savait pas si prendre, comme s'il avait peur. Il gémissait, se frottant à moi, me déshabillant. J'avais beau faire croire que je ne voulais pas, il insistait, me laissant pour seuls vêtements mon tee shirt et ma petite culotte. Il m'a portée, j'ai alors passé mes bras autour de son cou, il me regardait avec insistance. Il a ensuite libéré l'un de ses bras et a détaché sa braguette. Après un moment d'hésitation, il m'a reposée, fouillé dans ses poches et sorti une capote. Il l'a enfilée et m'a baissé ma culotte et m'a à nouveau portée contre le mur. Jusqu'au dernier moment j'aurai fait semblant de lutter, lui laissant croire qu'il n'avait pas tout gagné. Pourtant je mourrais d'envie de lui, et l'attente de son corps était trop longue. C'est moi qui l'ai attiré à moi... Ca a été très court, mais très puissant, très intense. Il avait réalisé le fantasme de petite fille aux joues rouges que j'avais. Celui de voir un homme à la fois sensible et très sûr de lui jouir pour moi avec un râle puissant en enfonçant ses ongles dans mon dos. Il m'a ensuite rapidement reposée au sol et s'est rhabillé. Il m'a regardée, m'a sourit et a remonté ma petite culotte. J'avais envie de lui sourire et de le caresser, le prendre dans mes bras, mais je ne voulais pas m'accrocher au mec qui m'avait baisée dans la réserve de ce magasin de chaussures pour bourgeois prétentieux... Comme à son habitude, il a sorti une clope, que je lui ai prise et l'ai jetée au sol.

« On ne fume pas ici...
-C'est sur... Je suis con... Tu... Tu travailles là?
-Je devrai oui.
-T'es... toujours aussi... froide comme ça?
-Je suis froide?
-Plutôt oui.
-Tu ne me laisses pas trop le choix.
-Oh si je te laisse le choix... Tu viens fumer une cigarette dehors avec moi?
-Non, je dois aller ouvrir... Je... Vas-y-toi. »

Je ne voulais pas le voir partir, c'est pourtant ce qu'il a fait, après m'avoir caressé la joue. J'ai repris mes esprits et suis allée ouvrir. Ma matinée fut longue, fatiguant, ennuyante.
Vers midi, je suis allée déjeuner dans le café d'en face, Pedro est venu s'asseoir à ma table.

« Tu n'es pas avec les filles aujourd'hui?
-Pas aujourd'hui non, tu es perspicace...
-Tu fais quoi ce soir?
-Ce soir je travaille. En tous cas j'essaie.
-Ok dac. Alors on se verra plus tard... »

C'est ça dégage. Je n'étais pas vraiment d'humeur à supporter les plans drague de qui que se soit. Après avoir picoré ma salade, Ambre m'a rejointe et m'a informée qu'elle partait pour qu'elle jours en Espagne avec son goûter. L'Espagne en novembre, pourquoi pas... Suit Isa et sa nouvelle dépression passagère, elle vient d'apprendre qu'Eric la trompe. Il lui a tout dit, oui tout.

« Tu te rends compte -entre deux sanglots- il s'est tapé une gamine! Une gamine d'à peine 19 ans!
-C'est lui qui te l'a dit? -Demande Ambre-
-Oui, il m'a dit ça ce matin!
-Et qu'est-ce que tu comptes faire?
-Je ne sais pas, je ne sais plus! »

Je regarde et écoute la conversation que je juge pathétique.

« Mais Isa ouvre tes yeux, refais ta vie!
-Qu'est-ce que tu racontes Axelle? -M'interrompt Ambre- Une petite tromperie c'est pardonnable, laisse lui du temps!
-Une petite tromperie? S'il te plaît Ambre, on ne parle plus d'une petite tromperie. Excuse-moi Isa, mais je ne peux pas te laisser te faire du mal sans réagir!
-Comment ça? Ce n'est pas la première fois c'est ça Axelle?
-Ne l'écoute pas. Axelle arrête de dire des conneries. Isa... Eric a fait un écart, ça arrive non?
-Ambre s'il te plaît, arrête de lui faire croire que son connard de mari l'aime, tu sais pertinemment qu'il se fout d'elle depuis des lustres! »

A peine eu-je terminé ma phrase que je me suis reçu une gifle de la part d'Ambre. Isa me regardait avec ses yeux larmoyants. Elle s'est levée et s'est précipitée aux toilettes, Ambre à suivit, sans daigné me regarder. Je suis sortie du bar, à la fois fière et honteuse.
Le soir venu, je suis allée travailler, en bus. Le bar était calme, la musique non assourdissante, les gens sympathiques.

« Axelle? »

Je me retourne, il est là...

« Je t'ai ramené ta voiture. Normalement tout va bien.
-Je dois te dire merci alors?
-Ou alors offre-moi un verre...
-Tu veux boire quoi?
- Surprends-moi.
-Je n'aime pas ce genre de petits jeux... dis moi ce que tu veux boire? »

Il me regardait, me souriait.

« Je t'attends dehors... Tu peux même prendre ton temps, j'ai toute la nuit. »

Un peu plus tard, à la fin de mon service, je suis sortie et suis allée à ma voiture. Je n'avais évidement pas les clefs, j'ai donc commencé à marché en direction de mon quartier.

« Tu ne prends pas ta voiture? »

Je me suis retournée sur sa voix, il me tendait les clefs. Il les a envoyées, et, après les avoir rattrapées en vol, je me suis assise sur un banc. Il était un peu plus loin, en face de moi.

« T'as une clope pour moi?
-Ouais. Tu fais quoi tu rentres chez toi maintenant?
-Je pense oui. C'est quoi ton prénom?
-Tu m'as dit que tu t'en foutais non?
-Tu l'as dit, je m'en foutais. Maintenant je veux savoir. »

Sûr de lui, il est venu à moi, m'a tendu une cigarette qu'il avait au préalable allumée.

« Tu devrais rentrer chez toi...
-Pourquoi donc? Tu es mon nouveau papa?
-C'est possible. Tu m'as l'air d'être le genre de fille à faire des bêtises. Je me trompe?
-Tu veux dire le genre de filles qui couche dans une réserve sale avec des mecs peu fréquentables?
-Exact. Ça t'ennuie de me ramener? Je n'ai pas de caisse. »

Après un bref échange de regards, je suis allée à ma voiture et je l'ai raccompagné chez lui, à l'aide de ses indications. Un simple « bonne nuit » et il est parti. Juste avant que je ne redémarre, il a frappé à la vitre, je l'ai baissée et il m'a dit :

« Romain. Je m'appelle Romain. Et j'ai très envie de te revoir. Il a jeté un paquet de cigarettes sur le fauteuil passager ainsi qu'une boîte d'allumettes. J'ai bien vu que tu ne savais pas encore te servir d'un briquet. File avant que je ne te force à faire des bêtises... »

Il a tourné du talon, j'ai sourit bêtement et suis partie. Il m'a envahit toute la nuit.

# Posté le samedi 22 novembre 2008 11:16

Modifié le dimanche 23 novembre 2008 09:29

Toi, moi, mes fesses et mes angoisses - Lettre à Axelle

LETTRE A AXELLE

Quelques jours ont passé sans que Romain ne se manifeste. De mon côté, je n'ai pas non plus cherché à le revoir, j'étais plus préoccupée par ma récente dispute avec Ambre et Isa. Je suis alors allée chez Margaux, qui avait bien sur entendu parler de notre accrochage. Sans surprise, nous en sommes rapidement venues à ce sujet de conversation, et je n'ai pas pu m'empêcher de dire le fond de ma pensée, bien qu'il soit parfois bon de se taire.

« Arrêtes, tu ne peux pas nier que j'ai bien fait de lui dire qu'il se foutait d'elle.
-Mais ce n'est pas ce que je te dis. C'est juste qu'il y a une façon de dire les choses. D'ailleurs Eric a été plus ou moins honnête avec elle en lui avouant qu'il l'avait trompée.
-Honnête? Ça fait cinq ans qu'il baise toutes les gamines qui viennent au cabinet et il lui a dit qu'il avait couché une fois avec une nana un soir de désespoir? Je n'appelle pas ça être honnête, excuse moi.
-Quoi qu'il en soit tu n'as pas à te mêler de la vie privée des gens, et encore moins de leur dire ce qu'ils ont à faire ou non.
-C'est ce qu'elle cherche non? Si elle vient à moi et me raconte ses problèmes c'est qu'elle cherche une solution.
-Non, une épaule sur laquelle se reposer. Et si elle vient à toi c'est parce que d'ordinaire c'est toi qui a les meilleures réponses.
-D'ordinaire? Pourquoi j'ai changé?
-Oui. Tu devrais tirer un coup plus souvent! »

Elle a rit et est allée à sa cuisine. Elle en est revenue avec une enveloppe.

« Isa m'a donné ça pour toi. Tu le liras quand tu seras chez toi. Je ne te mets pas à la porte, mais j'attends quelqu'un.
-Tu attends quelqu'un?
-Oui pourquoi?
-Donc tu as rencontré quelqu'un?
-Peut-être, je ne sais pas encore...
-Tu me raconteras?
-Mais oui, aller file, il faut encore que je me prépare. »

Je n'avais pas vu Margaux aussi rayonnante depuis longtemps... Du moins elle semblait rayonnante, mais je n'arrivais pas être heureuse pour elle, j'avais une certaine appréhension quant à l'évolution de sa relation.
Je suis rentrée chez moi à la nuit tombante, sous la pluie et le froid qui annonce l'hiver. A peine la porte fermée et la lumière allumée, j'ai ouvert l'enveloppe contenant le petit mot d'Isa.

« Tu m'as blessée. Pas parce que tu m'as appris qu'Eric me trompait. Parce que tu ne m'as rien appris du tout.
Je ne suis pas la femme naïve et soumise que tu crois. Et c'est d'ailleurs ça qui m'a blessée, le fait que tu puisses penser ça de moi. Oui il me trompe, couche et recouche avec tout le monde. Mais je l'aime. Aime, pour une fois, partage, souffre, et reviens à moi. Mais pas avant. »

J'ai relu l'écrit plusieurs fois sans vraiment comprendre le message qui m'était destiné. Quoi qu'il en soit il était hors de questions que ma fierté passe avant mon amie. Alors je l'ai appelée. Au moins j'ai tenté, elle restait injoignable. De longues sonneries interminables, puis le même message sur son répondeur « Vous êtes bien sur le portable d'Isabelle bla bla bla... » Après une dizaine de tentatives, je me suis dit que jamais elle ne répondrait. Je suis allée à la cuisine, et, faute de chocolat, je me suis vengée sur la vodka. Un verre, puis deux, puis on termine la bouteille, comme on finirait une tablette...

Je me suis réveillée à moitié nue, allons savoir pourquoi, par le bruit insupportable de la sonnette. J'ai mal à la tête, j'ai la bouche pâteuse, pourtant je trouve encore le courage d'enfiler une vieille chemise et d'ouvrir la porte.

« Bonsoir. »

Romain. Il est neuf heures du soir, il fait nuit noire, je suis complètement bourrée et Romain trouve encore le moyen de venir sonner chez moi.

« Tu sais où j'habite?
-Où tu habites, où tu bosses, où tu bois ton café... En réalité je suis un maniaque sexuel qui te suit et t'épie depuis plusieurs longues semaines. Je passe à l'acte dans quelques jours, prends garde à toi.
-Très drôle. Qu'est-ce que tu veux?
-Je peux entrer? Où je te dérange?
-Je n'ai pas spécialement envie que tu voies l'état de mon appartement après deux ou trois semaines sans ménage et quelques verres de vodka sur fond de Noir Désir. Mais si tu as du temps à perdre alors entre.
-Non, tu as raison, c'est tellement plus sympa sur le palier. Cigarette?
-Cigarette. »

A cet instant précis je me suis rendue compte qu'il avait compris que ce qui me plaisait en lui c'était ça façon de fumer. Et il en jouait. Ma petite culotte me jouait des tours. Mon c½ur aussi. Enfin... Je crois.

« Alors comment ça va Axelle? Me demanda-t-il tout en s'asseyant sur la dernière marche de l'escalier.
-Et toi?
-Tu apprendras que je vais toujours bien.
-Tant mieux, en voilà une bonne nouvelle... Qu'est-ce que tu fais là soit dit en passant?
-J'ai vu de la lumière, je suis monté... Je voulais te voir.
-Tu voulais me voir?
-Exact. -Il s'est levé et s'est approché de moi- Tu sais... J'ai... -Il baissait les yeux, me fuyait du regard- J'ai vraiment envie de...
-De quoi? De me baiser comme l'autre jour? Et ensuite tu me referas ton numéro de charme avec tes cafés, tes clopes et ta belle gueule?
-Voilà c'est ça. Tu as tout compris, je suis venu te baiser. Mais étant donné que je te sens récalcitrante, je me vois dans l'obligation de filer. Bonne soirée, pour ce qu'il en reste. »

Il a tourné du talon et a commencé à descendre l'escalier. Je le regardais s'éloigner, jusqu'à ce que je ne puisse plus le voir. De là, je suis descendue en courant afin de la rattraper, en cirant un « Attends! ». Il s'est retourné sur moi.

« Tu... Tu as ta voiture avec toi?
-Non je suis à pieds pourquoi?
-Tu ne vas pas rentrer à pieds maintenant si?
-Je marche beaucoup, c'est bon de marcher...
-Monte cinq minutes si tu veux... »

Mes yeux brillants de petite fille se sont faits voir, je suis remontée en savant pertinemment qu'il me suivrait. Chose qu'il a faite. Il n'eu pas l'air surpris de voir le bordel de mon chez moi, il regardait partout avec intérêt mais ne disait mot. Je l'ai invité à s'asseoir et lui ai proposé un verre, nous étions partis à boire en discutant de tout et de rien.

« Comment tu savais où j'habitais?
-Je sais pas mal de choses, mais je te l'ai dit, je t'espionne.
-Sois sérieux, comment tu connais tous les lieux que je fréquente?
-Comme tu y vas! Je ne connais pas tous les lieux que tu fréquentes! La première fois que je t'ai vue au café c'était un pur hasard, tout comme pour ton magasin de pompes. Quant à ton appart, c'est quand j'ai commencé à m'intéresser à toi que j'ai regardé ce qui se passait dans ton petit monde...
-Pourquoi tu t'intéresses à moi?
-Tu poses toujours autant de questions?
-Et toi tu fais toujours en sorte de ne pas y répondre?
-C'est possible. C'est juste que tu te méfies beaucoup trop.
-Ah oui? Je n'ai pas raison de me méfier d'un mec qui est passé par une fenêtre pour baiser avec moi et qui ensuite se trouve être à chaque endroit que je fréquente? »

Il a rit. Je me suis levée, il en a fait de même.

« Je crois juste que je suis une fille de plus à ton tableau de chasse. Ça ne m'intéresse pas.
-Je crois juste que je suis dingue de toi et que c'est ça qui ne t'intéresse pas.
-On ne peut pas être dingue de quelqu'un qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam.
-Tu ne peux pas être dingue de quelqu'un que tu ne connais pas. Beaucoup de gens le peuvent.
-Pas toi.
-Pas moi? Pourquoi pas moi? Tu viens de dire qu'on ne se connaissait pas, comment peux tu savoir comment je suis ou je ne suis pas?
-Je...
-Tu ne sais rien du tout. Mais tu as raison, je te laisse à ta vodka et des petits coups minables d'un soir. C'est sûrement plus intéressant. Dors bien. »

# Posté le samedi 22 novembre 2008 18:56

Modifié le dimanche 23 novembre 2008 09:29